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Julie, partie au Cap-Vert pendant 4 mois en 2013

Découvrez le témoignage de Julie sur sa mobilité étudiante dans une ONG au Cap Vert durant 4 mois, dans le cadre de son Master 2 Pratiques du Développement.
Elle a pu bénéficier de 1600€ (4mois x 400€) d’aide régionale Aquitaine Cap Mobilité pour la soutenir financièrement.

AquiMob : Où es-tu partie et combien de temps ?
- Julie : Je suis partie 4 mois au Cap-Vert, du 1er mai au 31 août 2013. J’étais logée à Praia et je travaillais à Calheta São Miguel sur l’île de Santiago, dans une ONG.

Dans quel cadre es-tu partie en mobilité ?
- Dans le cadre du stage obligatoire de fin d’études pour valider mon Master 2 professionnel Pratiques du Développement.

Pourquoi être partie à l’étranger et pourquoi ce pays ?
- Etant donné mon Master, l’objectif est de travailler sur le terrain, dans les pays en développement, donc pour moi c’était un peu incohérent de faire ce Master sans être allée sur le terrain. Le Cap-Vert c’est surtout une opportunité qui s’est présentée avec Mehdi : un capverdien inscrit dans mon Master l’an dernier en reprise d’études ; et qui m’a proposé de monter un projet dans son pays. C’est un pays intéressant, car il est en développement et particulièrement avancé sur les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), avec un profil particulier en terme de population, les émigrés investissent et transfèrent des fonds à leur famille.

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Rua Banana, à Cidade Velha

Quelles aides financières à la mobilité as-tu obtenu via AquiMob ? En quoi cela t’a-t-il le plus aidé ?
- J’ai reçu l’aide régionale Aquitaine Cap Mobilité qui est de 400 euros par mois. Cette bourse m’a principalement aidé pour le trajet, le billet d’avion pour le Cap-Vert est assez onéreux, puis pour les dépenses quotidiennes.

Comment s’est passée ton intégration là-bas ?
- Vu que je connaissais un cap-verdien c’était plutôt facile, surtout qu’il m’a présentée ses amis cap-verdiens, (il ne pouvait pas tout le temps me chapeauter), du coup j’ai rapidement appris à communiquer et à connaître le mode de vie des cap-verdiens. Il y a un endroit à connaître pour sortir et faire des rencontres : le café Palkus ! Et Praia étant assez petit, on se crée vite un réseau de connaissances et d’amis.

Que penses-tu, de manière générale, des ONG dans ce pays ?
- Pour moi, les petites ONG cap-verdiennes manquent de compétences et les ONG étrangères qui viennent dans ce pays manquent de capverdiens. Elles ont plus de moyens en général mais les utilisent moins bien ; alors que les petites ONG, qui ont pourtant moins de compétences, sont souvent plus efficaces et plus investies. Elles passent par les bons réseaux, elles connaissent les gens sur place qui vont faire la différence et faire que ça marche. Les gens ont plus confiance en une ONG capverdienne parce qu’ils savent qu’elle va rester, dans 5 ans elle sera toujours là. Alors qu’une ONG étrangère, si dans 5 ans elle n’a plus de financement, c’est fini et elle s’en va.

Comment s’est déroulée ta mobilité (déroulement du stage) ?
- On a fait une visite pendant laquelle j’ai rencontré les membres de l’ONG. La première semaine j’ai pris connaissance des données, du travail à faire et comment j’allais l’effectuer. Au début c’était surtout de la discussion informelle : on fait connaissance, on prend nos marques, on observe et on discute pour voir ce qu’on peut apporter l’un à l’autre… Ensuite le boulot c’est de l’exploitation de données en autonomie.
Pendant le premier mois je suivais le gérant de l’ONG tous les jours sur le terrain. Au bout d’un moment, on avait plus vraiment besoin de s’y rendre tous les jours ou alors on se déplaçait sur toute l’île de Santiago pour mener des interviews.

Dans quel type de logement résidais-tu ? Comment sont les conditions d’hébergement des étudiants ?
- J’ai eu la chance d’être logée chez Mehdi. Mais sinon d’après ce qui m’a été dit et ce que j’ai vu, c’est surtout par contact avec d’autres français qu’on peut facilement trouver quelque chose. Il n’y a pas de logements particuliers pour les étudiants, c’est mieux de résider chez l’habitant surtout si on connaît des gens. Il vaut mieux envisager du provisoire et se renseigner une fois sur place, car à distance et quand on ne connaît personne, ce n’est pas possible.

T’es-tu investie dans la vie locale ? As-tu pratiqué des activités dans des associations (sport, théâtre, cuisine…) ?
- Comme je joue déjà au basket, je l’ai un peu pratiqué là-bas dans une salle de sport. J’avais un copain dans une compagnie de danse, il faisait des activités avec les enfants. J’aurai aimé y participer mais je n’ai pas pris le temps. Pourtant au Cap-Vert on a le temps pour soi et donc du temps pour s’impliquer dans des activités locales et collectives. J’aurai dû !

Qu’est-ce qui t’as le plus marqué ? La chose la plus originale que tu aies vécue là-bas ?
- Fogo ! C’est l’île du volcan et Chã le village tout en haut de Fogo (Volcan). C’étaient les 3 meilleurs jours de ma vie : du partage et du bonheur à l’état brut. Tout était beau et agréable, une bouffée d’air frais à la fois sur la nature et sur l’être humain. Juste génial !

Si tu devais citer un élément caractéristique du Cap-Vert…
- La musique ! Elle est tout le temps présente, tout le monde sait jouer d’un instrument. Elle retranscrit l’état d’esprit des gens.

Qu’est-ce qui t’as le plus manqué lors de ton séjour ?
- Les dragibus.

Quels conseils donnerais-tu à des étudiants qui souhaitent partir ou qui hésitent à le faire ?
- Ne pas hésiter. Il faut partir ! Pas seulement sur le plan professionnel, mais pour se découvrir, grandir et s’ouvrir l’esprit.

Où en es-tu aujourd’hui ? (études, emploi, autres)
- Je suis en recherche d’emploi et également en mobilité. C’est-à-dire que je voyage : à la fois pour trouver du travail grâce aux contacts que j’établis et pour travailler les langues. Mais j’ai quand même travaillé pour pouvoir me payer ces voyages.

Cette mobilité a-t-elle eu un impact sur tes projets professionnels / ton entrée dans la vie active ?
- Disons que ça m’a ouvert les yeux sur le fait qu’il ne faut pas se fermer sur certaines institutions. Il y a d’autres structures, des petites structures qui font des choses très bien. Et aussi sur le fait qu’il faut bouger pour rencontrer des gens et découvrir ce qu’il se fait de bien ailleurs dans le monde.

Crédit photos : Julie G.


© Université de Bordeaux